Le 12 décembre dernier ici même, nous proclamions, et nous le referions volontiers aujourd'hui, qu'il fallait cesser de focaliser sur notre clown berlusconien pour se concentrer sur l'essentiel (en admettant par ailleurs qu'il faudrait prendre le temps de bien définir ce que nous considérons comme essentiel). Vous pouvez d'ailleurs vérifier car le "post", comme disent les jeunes, qui ne sont pas tous de sales petits cons- et en réalité il n'y a pas que les jeunes qui disent "post" Robert par exemple utilise fréquemment ce mot bien que ce ne soit pas un bon exemple car Robert n'est plus tout à fait jeune - se trouve juste en dessous (le post).
Nous le proclamions, nous le pensons toujours mais il faut bien admettre que cette positive attitude demande un effort surhumain. Comment faire en effet quand dans la même semaine notre clown berlusconien papillonne à Mickeyland puis s'en va embrasser le pape en compagnie de Bigard le comiquencouille ? Passé la haine à l'encontre de la personne que nous nous proposons de canaliser en action politique constructive que retenir de ce salmigondis sinon le sentiment du désastre à l'oeuvre ?
Dans "Pour un catastrophisme éclairé" aux Editions du Seuil Jean-Pierre Dupuis dit "La catastrophe a ceci de terrible que non seulement on ne croit pas qu’elle va se produire, mais qu’une fois produite elle apparaît comme relevant de l’ordre normal des choses. ».
Oui le Sarkozysme est une catastrophe pour notre bon vieux pays et pour pararaffarinader nous dirions le chemin est court et la pente très raide. Nous dégringolons à une vitesse vertigineuse le tout dans une béatitude quasi généralisée, les signes du délabrement intellectuel sont pourtant flagrants et nombreux... Nous ne manquerons pas d'y revenir mais pour l'instant nous filons passer les fêtes de fin d'année loin des lumières et pas si loin que ça, loin de Carla, nous n'écouterons pas la radio, n'allumerons pas la poubelle. Nous humerons le sol gelé. Nous viverons car c'est encore possible.
21 décembre 2007
12 décembre 2007
On arrête de le détester, on se concentre sur l'essentiel
Il est détestable. Parfois nous nous surprenons à l'imaginer agonisant dans son sang, victime d'un attentat bien mérité pensons-nous. Il est vulgaire, parle mal (mais il parraît qu'il est capable de bien parler et qu'il fait juste un effort pour être à notre hauteur), incarne la déculturation, le simplisme, les montres Rollex, l'arrogance et moult tarres vomissables. Il nous faut pour autant arrêter de focaliser sur sa petite personne (de chair et de sang) car ils sont cent mille derrière lui. Devrions-nous croire qu'il est seul ? Ne serions-nous pas aussi simplet ? Il a été élu démocratiquement, ce fût dit et répété. Nous l'avons voulu. 53contre 47 ? Non bien plus que cela. "L'adversaire" était infecté par la même peste, la même saloperie qui nous mène à la fosse. Pourquoi portons-nous aux nues le système qui les célèbre ? Parce que nous sommes repus, lâches et fénéants, parce qu'en rentrant d'un boulot harassant et mal payé nous préférons nous vider encore la tête devant cette lucarne putride plutôt que d'empoigner des bouquins intelligents. Il y en a pourtant des milliers de ces livres. Il faudrait un peu les lire, croiser, comparer, expérimenter... réfléchir un peu et s'en parler entre amis. Amis, amis, comptez sur vous !!!!
En attendant, retrouvons-nous autour d'un bon boeuf bourguignon, ricanons sur le dos du peit con mais n'espérons pas trop de ces ricanements, tout juste une petite soupape provisoire. Quand nous serons remis, nous oublierons le masque ignoble et nous nous pencherons plus sérieusement sur les mécanismes qui permettent une telle forfanterie, un si honteux kidnaping.
Et pour nous remettre en ordre de marche,remettons-le clown berlusconien à sa juste place :
"L'été Johnny chevauche une Harley Davidson avec sa bande dans le grand Ouest américain. Mais l'équipée sauvage est devenu une pub pour verre progressifs et lunettes de soleil. Un jour, il a dit : il ne reste que Jagger et moi. Personne ne l'a cru. A part peut-être Nicolas Sarkozy"
La nuit du Fouquet's d'Ariane Chemin et Judith Perrignon, Fayard.
En attendant, retrouvons-nous autour d'un bon boeuf bourguignon, ricanons sur le dos du peit con mais n'espérons pas trop de ces ricanements, tout juste une petite soupape provisoire. Quand nous serons remis, nous oublierons le masque ignoble et nous nous pencherons plus sérieusement sur les mécanismes qui permettent une telle forfanterie, un si honteux kidnaping.
Et pour nous remettre en ordre de marche,remettons-le clown berlusconien à sa juste place :
"L'été Johnny chevauche une Harley Davidson avec sa bande dans le grand Ouest américain. Mais l'équipée sauvage est devenu une pub pour verre progressifs et lunettes de soleil. Un jour, il a dit : il ne reste que Jagger et moi. Personne ne l'a cru. A part peut-être Nicolas Sarkozy"
La nuit du Fouquet's d'Ariane Chemin et Judith Perrignon, Fayard.
24 novembre 2007
La vitrine de la Banque Populaire
Une association, toute non lucrative qu’elle soit, a besoin de se DEVELOPPER et donc de COMMUNIQUER. Partant de cette évidence, la Banque Populaire, sise le long d’une artère très fréquentée de notre bonne vieille bourgade, offre aux associations clientes sa plus belle vitrine - pas loin de huit mètres linéaires sur une profondeur de deux mètres - pour faire passer leur message. Ingéniosité, sens de la scénographie, utilisation stratégique du papier crépon seront alors nécessaires pour utiliser l’espace de manière à la fois esthétique et efficace. Ainsi à notre grande joie se succèdent au fil des semaines les oeuvres de l’amicale des arts, les panneaux d’information de l’association pour la sauvegarde du folklore comtois, ceux de l’association des clowns rigolos qui font rire, ceux de Nature et Liberté avec de splendides clichés de l‘avifaune sauvage, les textes de l’A.P.G.E (Association des Poètes du Grand Est) et les mannequins grandeurs nature en uniforme à la fin de promouvoir les divers métiers de l’infanterie, ce qui il faut en convenir constitue une petite entorse au caractère associatif de la vitrine. Pour la plus grande joie des enfants (petits et grands !!!) l’année se termine généralement par la prestation de l’union des commerçants : des nounours qui bougent dans du coton . Cette semaine, avant que les peluches ne soient installées, des gaillards en carton du quinze de France avec des petits logos de basket partout s’offrent à notre regard. Déferlante de muscle, de rage de vaincre, d‘espoir et de petits logos de basket partout, la vitrine donne à chacun d’entre nous, le fort comme le faible, la conviction qu’il peut pleinement participer à la relance de la croissance. Et c’est bien de cela dont nous avons besoin quand dés le matin après avoir parcouru les deux kilomètres qui séparent notre domicile de notre bureau, en travelling derrières les vitrines néonnisés nous avons vu les assureurs, les cafetiers, les concessionnaires, les esthéticiennes, les orthopédistes et les coiffeurs en plein labeur et que notre motivation, avant même d'avoir bu notre premier café entre collègues, commence déjà à s‘essouffler. Oui, pour cela, nous avons bien besoin de vibrer. Et le slogan de la FFR "AUX ARMES CITOYENS !" ponctué d’un gros logo de basket à la con ne saurait mieux tomber.
Mais si notre patriotisme vibre cela ne doit pas nous ôter tout sens critique : outre l’entorse à l’aspect non lucratif de l’opération, qu’il convient de relever, qu’a donc foutu le responsable de la vitrine associative de la Banque Populaire pour se planter de telle sorte dans le planning ? Que nous ressasse-t-il cette histoire de coupe du monde de rugby alors même que Laporte croupit déjà dans son ministère-placard, que le Beaujolais Nouveau est derrière nous depuis plus d’une semaine et que les cycliste du tour de France en sont quasi à s’injecter leurs premières seringues ???
Mais si notre patriotisme vibre cela ne doit pas nous ôter tout sens critique : outre l’entorse à l’aspect non lucratif de l’opération, qu’il convient de relever, qu’a donc foutu le responsable de la vitrine associative de la Banque Populaire pour se planter de telle sorte dans le planning ? Que nous ressasse-t-il cette histoire de coupe du monde de rugby alors même que Laporte croupit déjà dans son ministère-placard, que le Beaujolais Nouveau est derrière nous depuis plus d’une semaine et que les cycliste du tour de France en sont quasi à s’injecter leurs premières seringues ???
30 octobre 2007
La phrase du jour
Il faut juste arriver jusqu'à l'apéro, après c'est tout de la descente…
Le Bel Hubert
Le Bel Hubert
03 octobre 2007
Du théâtre, du vrai !
Avec un texte (enfin...), des acteurs costmés (sobrement), du rire et des larmes.
Bon là, c'est surtout des images de répétition, mais bon, bravo à la CVD quand même.
12 septembre 2007
Le coin des livres
Il nous arrive souvent lors de nos apéritifs culturels avec Jacques de citer l’excellent ouvrage de Pierre Bayard paru aux éditions de Minuit Comment parler de livres que l’on a pas lus ? ouvrage indispensable pour les mondains que nous sommes mais que nous n’avons malheureusement pas lu tout comme nous n’avons pas lu S’ennuyer quel bonheur de Patrick Lemoine aux éditions Armand Collin et qui doit aussi être très très bien. Comme nous ce psychiatre talentueux pense que ça ne sert à rien, par exemple, de se faire chier à emmener les gosses aux judo puis à l’éveil artistique le mercredi alors qu’ils préfèrent largement glander dans leur chambre.
Alors pourquoi tant d’idiots hyperactifs ?
Patrick nous éclaire (il le dit dans Libé) «au fond je crois que tout repose sur l’interdit de la masturbation. Ne pas s’ennuyer, c’est ne pas se tripoter. Vous noterez que dans notre vocabulaire s’ennuyer rime avec glander ! Et surtout quand on s’ennuie, on vous interpelle - Qu’est-ce que tu branles ? - sans parler de tous les mots scatologiques qui décrivent l’ennui : s’emmerder, se faire chier… ».
Voilà comment, sans le savoir, on a peur de se toucher la zigounette et on se retrouve PDG ou Président.
Alors pourquoi tant d’idiots hyperactifs ?
Patrick nous éclaire (il le dit dans Libé) «au fond je crois que tout repose sur l’interdit de la masturbation. Ne pas s’ennuyer, c’est ne pas se tripoter. Vous noterez que dans notre vocabulaire s’ennuyer rime avec glander ! Et surtout quand on s’ennuie, on vous interpelle - Qu’est-ce que tu branles ? - sans parler de tous les mots scatologiques qui décrivent l’ennui : s’emmerder, se faire chier… ».
Voilà comment, sans le savoir, on a peur de se toucher la zigounette et on se retrouve PDG ou Président.
24 mai 2007
C'est navrant !
C'est assez navrant il faut bien l'avouer. Laisser un blog comme ça, sans une ligne, pendant plus de six mois... Bon ben, pour ceux qui aimaient bien nous lire, désolé, toutes nos excuses... Mais voilà, c'est la faute à Jacques. Un jour il a dit que notre article sur Arlette était pas mal écrit et il n'en a fallu pas plus pour nous bloquer complètement. Cons comme nous sommes nous nous étions dit que nous ferions encore mieux et voilà le résultat ! A un de ces nombreux apéros où l'on fait le point sur la situation du monde Virgile nous a raconté, et nous y avons entrevu un rapport avec notre histoire, qu'à son plus bel âge : 19 ans, et au meilleur de sa forme : 78 kilos, bronzé et relativement musclé; une très belle fille, une parisienne, dont il était amoureux sans jamais lui avouer et qu'il avait néanmoins accueillie dans son antre cantalouse avec une copine australienne qui avait l'air de connaître la vie, la vraie, la nocturne (elle lui demandait tu te couche tôt toi ? Lui répondait non pas vraiment onze heures minuit et elle répondait ça c'est très tôt, pour moi tôt c'est trois heures du mat...). Bref cette jeune fille, pas l'australienne, la parisienne dont il était amoureux, le voyant un jour torse nu lui a dit : « Bah... tu as un petit ventre ! Je crois que je ne pourrais jamais tomber amoureux d'un mec qui a un petit ventre ». Résultat il a pris 10 kilos qu'il n'a jamais perdu depuis. Vous suivez ?
Il faut le dire aussi le duel Sarko/Ségo annoncé avec le résultat depuis si longtemps nous a fort miné et d'autant plus le résultat final qui a eu pour conséquence – définitive ? - de nous ôter toute croyance en la démocratie et de la remplacer par une certitude : le masochisme (on voulait aussi écrire la bêtise mais bon une once de politiquement correct nous a retenu) de nos concitoyens (et là encore il a fallu lutter de toutes nos forces contre une néfaste amertume qui aurait pu nous laisser écrire CONcitoyens). Donc Sarko est élu et quelques jours après n'ayant pas encore radicalement changé nos habitudes nous buvions quelques mousses dans un de nos rades d'errance et là, bercé par la musique arabe, nous avions l'impression d'être rentré en résistance et qu'à tous moments les flics pouvaient débarquer, voir si nous étions en règle, voir si on allait bien pouvoir se lever pour aller bossser. Et là aussi on est en pleine résistance : figurerez-vous que cet article on l'écrit pendant le travail. C'est chouette hein ! Faire semblant de bosser en Sarkozie !
Mort au travail !
Il faut le dire aussi le duel Sarko/Ségo annoncé avec le résultat depuis si longtemps nous a fort miné et d'autant plus le résultat final qui a eu pour conséquence – définitive ? - de nous ôter toute croyance en la démocratie et de la remplacer par une certitude : le masochisme (on voulait aussi écrire la bêtise mais bon une once de politiquement correct nous a retenu) de nos concitoyens (et là encore il a fallu lutter de toutes nos forces contre une néfaste amertume qui aurait pu nous laisser écrire CONcitoyens). Donc Sarko est élu et quelques jours après n'ayant pas encore radicalement changé nos habitudes nous buvions quelques mousses dans un de nos rades d'errance et là, bercé par la musique arabe, nous avions l'impression d'être rentré en résistance et qu'à tous moments les flics pouvaient débarquer, voir si nous étions en règle, voir si on allait bien pouvoir se lever pour aller bossser. Et là aussi on est en pleine résistance : figurerez-vous que cet article on l'écrit pendant le travail. C'est chouette hein ! Faire semblant de bosser en Sarkozie !
Mort au travail !
20 novembre 2006
Arlette, un dimanche

C’est poussé par une saine curiosité, une « recherche » sur les phénomènes religieux, que nous nous sommes retrouvés à une fête de Lutte Ouvrière un dimanche dans une petite ville de Bourgogne.
L’accueil était assuré par les Les Galoupios d'la galipette groupe de musique traditionalcoolomorvandelle dont les efforts pour chauffer la salle restait vains, et pour cause, le public n’était là que pour elle et pour la communion finale. Carrelé et éclairé aux néons à la manière de toutes les salles polyvalentes de France, dont on suppose que les architectes qui les conçoivent haïssent profondément l’idée même de fête, l’espace se remplit petit à petit d’une foule militante et patiente en pull jacquard. Quelques drapeaux rouges hissés sur des bambous attachés entre eux avec des ficelles constituent l’unique décor de la scène où trônent le micro et le pupitre. La déléguée régionale, les yeux brillants, nous annonce l’arrivée de « notre camarade Arlette Laguiller », applaudissements. « Travailleurs, travailleuses… ». Arlette lit son allocution. Fière comme un coq, la déléguée régionale lui tourne les pages. Arlette est une professionnelle, le discours est millimétré, les pauses nécessaires à l’absorption d’une eau minérale de marque inconnue car le bandeau a été ôté ont été savamment placées à la fin d’une envolée lyrique appelant incontestablement l’applaudissement. Tandis qu’Arlette boit telle une rock star de l’eurovision la délégué régionale, la larme à l’œil, ne perd pas une miette de son quart d’heure de gloire.
C’est lors de ce premier moment fusionnel que Jacques, Gudul et Virgil qui nous accompagnent, commencent à regretter de s’être placés au premier rang plutôt réservé aux aficionados… Allons-nous être repérés ? Les militants vont-ils nous taper ?
Arlette déroule avec talent un discours ponctué de références à l’actualité, d’un peu d’humour désabusé «bien sûr nous préférons Guignol à Gendarme.. » et de grands classiques Laguilletistes.
Voilà maintenant la fin du discours. La déléguée régionale, comme si elle venait d’y penser, nous propose d’entonner l’International. Tels des footballeurs perdus au milieu de la Marseillaise, nous optons pour un entre-deux insatisfaisant : nous nous levons mais sans chanter ni lever le poing droit… ce qui, même mollement, constitue la norme, le code. Notre malaise est à son comble. La délégué régionale nous regarde sans compassion. Puis la chanson arrive à sa fin, la messe est dite, ouf… Vite au bar !
Là, parlant entre nous de la cérémonie, Virgil se lance dans une analyse dont il a le secret « pas grand chose à dire sur le constat, oui on se fait bien entuber par les gros capitalistes depuis des décennies, mais ce qui est désespérant dans le discours d’Arlette, c’est qu’il y a comme une impuissance intrinsèque à voir au delà, à avoir un début de projet de société, à dépasser le travail et sa misère et voir en l’homme, quand bien même il serait mieux payé et enfin respecté, autre chose qu’un travailleur-producteur de biens et de services… pas un mot sur la culture, rien sur l’environnement… ». Des militants qui ont tout entendu lancent provocateurs « et bien vas lui dire, elle est là ! » Effectivement Arlette passait par là. Virgil qui aime bien faire le malin ne se démonte pas et aborde aussi sec Arlette « Euh…bonjour… c’est la première fois que je viens à un meeting politique et …euh…c’était intéressant mais euh… vous n’ayez pas dit un mot ni sur la culture ni sur l’environnement… alors que euh…». Arlette écoute gentiment et lui dit qu’elle n’avait pas le temps ici mais que tout cela est développé dans le journal du parti. Une militante qui ne voit pas d’un bon œil que l’on ose comme cela contredire la déesse et leur voler quelques minutes de sa présence TGV commence à grogner dans son coin et menace de mordre…
Bon, ben d’accord on ira voir dans le canard de LO. « Au revoir Arlette et bon courage pour la campagne ! »Dehors c’est dimanche. Tout semble lent et vain. La révolution chuchote.
PS : merci à Franck, Galoupio d'la galipette, pour la photo.
11 novembre 2006
Schiller, tu l'as lu dans quelle traduction ?
C’était « soir de première » dans notre bon Centre Dramatique National, fer de lance de la démocratisation culturelle. Les comédiens avaient reçu leur rose et des amis et d’autres comédiens leurs avaient envoyé des fax pour leur dire « un gros merde ». Après la représentation, des professeurs de français qui n’avaient pas dîné, quelques étudiantes, des conseillers artistiques, le personnel du théâtre et des comédiens se pâmaient autour du saucisson, un verre de blanc en main puis allaient à tour de rôle congratuler le metteur en scène et les comédiens. Il arrive dans ce type de rituel, lorsque l’alchimie de la convivialité ne prend pas, que les conversations, comme animées par un chef d’orchestre invisible et taquin se taisent les unes après les autres pour transformer le brouhaha en un silence plombant… Il convient alors aux personnes civilisées de relancer la conversation en posant à son voisin une question anodine et suffisamment ouverte pour lui permettre de rebondir facilement. C’est ce qui se produisit : notre voisin, un comédien, un conseiller artistique ou peut-être un directeur de théâtre lança à son voisin, un directeur de théâtre, un conseiller artistique ou peut-être un comédien « Schiller, tu l’as lu dans quelle traduction ? ». Nous ne pûmes retenir un rire qui à cause du vin public faillit être tonitruant. Notre civilité revenue nous mesurâmes l’ampleur de notre étonnement. Raoul s’essaya alors à un questionnement anthropo-métaphysique se demandant si le monde était divisé entre ceux qui pour relancer une conversation disait « beau temps pour la saison, tu fais quoi ce week-end ? » et les autres qui lançaient « « Schiller, tu l’as lu dans quelle traduction ? »… voulant nous impliquer dans sa démarche philosophique tout à fait louable dans un tel lieu de pensée et constatant que nous n’y arrivions pas il réamorça avec une approche sociologique et plus pragmatique «… souvenez-vous au lycée, les premiers de la classe, ce sont eux qui aujourd’hui pour relancer une conversation disent : Schiller, tu l’as lu dans quelle traduction ? » … Pas du tout convaincu par la démonstration de Raoul Jacques dit « Ben non, moi j’étais premier de la classe au lycée… ». Alors on se resservit un verre de vin public et on se demanda bien ce qu’on allait pouvoir faire ce week-end avec le temps pourri qui s’annonçait.
02 novembre 2006
Yann et Arthus sont dans un hélico.
Pour faire ses photos dignes du calendrier des postes et sensées nous sensibiliser à la protection de la nature, Yann-Arthus Bertrand passe son temps dans un hélicoptère. A part les avions de Dassault on fait pas pire question pollution. Bien sûr, des écolos malicieux lui ont fait remarquer. Le gaillard ne s’est pas démonté et a affirmé qu’il replantait systématiquement le nombre d’arbres nécessaire à l’absorption de ses gaz...
Al Gore doit faire pareil car pour promouvoir son thriller sur le réchauffement climatique il passe son temps dans les avions. Dans notre bonne vieil bourgade, comble de l’ironie, impossible de voir Une vérité qui dérange ailleurs qu’à l’extrême pointe Nord de la zone commerciale, au cinochrama tant apprécié pour son parking et ses pop corn géants. Ne voulant pas mourir grillés idiots on a pris la bagnole pour aller au maxicinoche puis au retour on est passé à Jardiland acheter un petit thuya qu’on plantera pour absorber les gaz de ce voyage déprimant.
Les pavillons sont entourés de thuyas pour absorber les conneries qui se racontent sur TF1.
Al Gore doit faire pareil car pour promouvoir son thriller sur le réchauffement climatique il passe son temps dans les avions. Dans notre bonne vieil bourgade, comble de l’ironie, impossible de voir Une vérité qui dérange ailleurs qu’à l’extrême pointe Nord de la zone commerciale, au cinochrama tant apprécié pour son parking et ses pop corn géants. Ne voulant pas mourir grillés idiots on a pris la bagnole pour aller au maxicinoche puis au retour on est passé à Jardiland acheter un petit thuya qu’on plantera pour absorber les gaz de ce voyage déprimant.
Les pavillons sont entourés de thuyas pour absorber les conneries qui se racontent sur TF1.
23 octobre 2006
Une belle phrase (2)
Quand on a un marteau dans la tête on voit tous les problèmes en forme de clou. Le problème de l'occident c'est l'économie.
Serge Latouche
Serge Latouche
17 octobre 2006
25 septembre 2006
Le sondage du jour
"62 % des français préfèrent la réforme à la rupture..."
Entendu ce matin à la radio.
On y voit plus clair, non ?
Entendu ce matin à la radio.
On y voit plus clair, non ?
17 septembre 2006
Robert, la culture c'est pas son truc
« L’Opéra, l’opéra… je comprends que les jeunes n’y aillent pas, moi même il m’arrive souvent de m’y endormir. Et le théâtre… ah ! le théâtre… Le Cid, on l’ a vu en sixième, en cinquième, en quatrième, en troisième… alors bon ça va ».
Prononcées dans notre PMU préféré, nous n’aurions évidemment même pas relevées ces banalités éculées. Ce qui, à nos oreilles les rendent désespérantes c’est qu’elles ont étés tenues dans un cadre tout à fait officiel mais néanmoins désopilant : une conférence de presse au conseil régional où il était question, vaguement, de « politique » de la jeunesse et que Robert est président dudit conseil régional… Bien que rodés aux discours les plus creux la performance publique de Robert nous épata ! Nous aurions aimé nous moquer d’un élu UMP mal dégrossi malheureusement pour notre psychogéographie politique tendance bipolaire Robert, sans être éléphantesque est encarté au PS et là, notre désespoir grandit…
Prononcées dans notre PMU préféré, nous n’aurions évidemment même pas relevées ces banalités éculées. Ce qui, à nos oreilles les rendent désespérantes c’est qu’elles ont étés tenues dans un cadre tout à fait officiel mais néanmoins désopilant : une conférence de presse au conseil régional où il était question, vaguement, de « politique » de la jeunesse et que Robert est président dudit conseil régional… Bien que rodés aux discours les plus creux la performance publique de Robert nous épata ! Nous aurions aimé nous moquer d’un élu UMP mal dégrossi malheureusement pour notre psychogéographie politique tendance bipolaire Robert, sans être éléphantesque est encarté au PS et là, notre désespoir grandit…
11 septembre 2006
"La formule pour renverser le monde,
nous ne l'avons pas cherchée dans les livres,mais en errant.C'était une dérive à grandes journées, où rien ne ressemblait à la veille ; et qui ne s'arrêtait jamais."
Guy Debord
Guy Debord
05 juillet 2006
La politique à la louche (2). A la louche et aux pieds !
Si par malheur l’équipe de France remportait une victoire ce soir et si, encore pire, elle venait à gagner la coupe du monde samedi prochain, c’est sûr cela donnera des ailes à Jacques Chirac pour se représenter à la présidentielle… Pensez-y bien avant d'aller klaxonner comme des cinglés dans les rues…
26 juin 2006
Chronique éthylique (2) - Feu fête de la merguez

Siroptant une sangria entre collègues, nous bavassions comme il se doit sur les absents – l’acariâtreté du comptable, le machisme du petit chef, les hystéries de la secrétaire, etc – lorsque la sonnerie du téléphone de Raoul nous interrompit. C’était Jacques qui se demandait si nous avions l’intention de nous rendre à la fête de la musique. Bien sûr que nous en avions l’intention ! Comment envisager un seul instant de rater cette belle fête populaire, fleuron du socialisme des années 80 ? Ah ! La première fête de la musique à Clermont-Ferrand…
Nous voilà donc attablés à l’un de ces terrasses stratégiques qui permet de rayonner vers les places fortes de l’événement tout en pouvant se désaltérer entre chaque étape indispensable, citons entre-autre : les transes Gothiques rue Pouillou, le torrent de pisse rue Mayotte, la ferveur oecuménique de la chorale sur le proche de l’église Saint Médard et facultativement car l’exercice demande une humeur excellente le meilleur groupe de coiffeurs du canton « Nocturne » rue de l’UMP . Les décibels s’entrechoquaient, les farceurs gloups gloups se jetaient du Pont Branlant, les étudiantes de lettres couraient pieds nus, Gérard avait mis sa jupe indienne, tout semblait normal si ce n’était cette absence indéfinissable et cette rumeur qui enflait « Il paraît qu’à une heure pile tout s’arrête et ils vont tout nettoyer » … C’est plongé dans une grande conversation sur les vertus cathartiques de cette fête que nous nous fîmes, sans y prendre garde, déloger manu-militari par le serveur qui semblait bel et bien avoir reçu des plus hautes autorités des consignes très stricts… Laissant nos voisins à leur palabre désespéré et peu courtois « tu parles pas à ma femme comme ça ! », nous nous retrouvons, trio bancal et désemparé, à errer dans les rues de notre bonne vieille ville à la recherche d’un ultime groupe de Hardcor et surtout d’une toute dernière bière, histoire de ne pas se quitter comme ça… Mais rien… rien, pas même une petite échoppe clandestine, pas même ouvert chez Rush, interdit de vendre de l’alcool après 22h…Tout naturellement nos pas nous guidèrent alors vers le quartier Maroul là où, les belles années, les filles les plus enflammées dansent autour de la fontaine, quand elles ne s’y baignent pas, offrant aux âmes esseulées de belles images pour les songes d’hiver. Notre sang ne fit qu’un tour quand nous vîmes le bourgmestre en personne qui, perché sur la fontaine, tentait de convaincre une foule hagarde « allez, maintenant c’est finit, il faut rentrer chez vous, vous vous êtes bien amusé, maintenant il y a des gens qui veulent dormir, il y a des gens qui travaillent, soyez raisonnables on vous a prévu un très beau feu d’artifice pour le 14 juillet… » Un cauchemar… Plus loin, tentant vainement de comprendre ce qui se passait dans notre république laïque et démocratique, entre deux hypothèses, Raoul s’époumonât « Mais c’est ça qui manquait, y’avait même pas un seul marchand de merguez, putain, tout fout’l camp… » Heureusement, miracle, à quelques rues de là, un bistrot, comme hors du temps, continuait de servir en terrasse… « heu… 9 bières s’il vous plait »
19 juin 2006
Une belle phrase
"Il est inconcevable, parce qu'absolument contradictoire, qu'une société s'autoqualifie démocratique sans élever la capacité critique au rang des qualités publiques"
Jean-Marie Hordé, La Mort de l'âme, éditions les solitaires intempestifs.
Jean-Marie Hordé, La Mort de l'âme, éditions les solitaires intempestifs.
23 mai 2006
La politique à la louche (1)
La une de Libération du lundi 22 mai est fort alléchante : un dessin de Willem représente Sarko et Ségo se jetant du haut d’une falaise avec ce titre « 2007 c’est pas gagné » et l’article confirme ce que tout le monde sait, depuis que les sondages sondent ils se plantent et jamais aucun sondeur n’a su donner le nom d’un futur président… mais le journaliste qui veut quand même y croire - les sondages c’est sa matière première, son gagne-pain en quelque sorte - pousse l’analyse un peu plus loin et nous laisse entendre que les temps auraient changés, qu’en cette période complexe de profonde mutation, les sondages seraient plus justes…
Alors ça sera quand même peut-être Ségo ou Sarko ... Voilà le dossier de Libé.
A vrai dire on s’en fout.
Si nous sommes ce que nous sommes, et nous risquons fort d’être ce que nous sommes : des pleutres avachies aux cerveaux lessivés par des décennies de télé de merde Tapiesque , Berlusconniène, pub, Lagardéresque, Canalpluseque faussement impertinent, pub, et marchand’armesque, et maintenant la météo, pub, la météo, pub, merdre que ce soit le Sarkosysme, le Ségoroyalisme voir le Fabuisime ou le Bayrouisme qui l’emporte dans tous les cas, aucun doute ce sera bien le REALISME qui gagnera !
Le réalisme dont on nous rebat quotidiennement les oreilles aujourd’hui, et vous le savez bien : c’est l’économie qui gouverne, le marché est la seule vérité...
Au milieu de cette foire d’empoigne néo-socialo-libérale, notre seul petit espoir est qu’il y en ait au moins un qui réussisse toutefois à placer sa petite note discordante et qu’avec pédagogie il nous rappelle la théorie de l’élastique : jusqu’où peut-on lui tirer dessus avant qu’il ne pète ? L’élastique c’est la planète, l’enjeux : notre survie.
Mais bon, cela dit, s’il y en a un ou une au second tour, on est pas maso, on vote socialo, ça sera tout de même moins pénible d’attendre la glaciation (ben oui, c’est pas simple le réchauffement de la planète ça risque d’être une glaciation en Europe…), avec des festivals, les merguez de la fête de la musique, les RTT, un peu de sécurité sociale, des subs pour nos assos de quartiers et puis on a pas envie de bosser plus et la flexibilité bof…
Alors ça sera quand même peut-être Ségo ou Sarko ... Voilà le dossier de Libé.
A vrai dire on s’en fout.
Si nous sommes ce que nous sommes, et nous risquons fort d’être ce que nous sommes : des pleutres avachies aux cerveaux lessivés par des décennies de télé de merde Tapiesque , Berlusconniène, pub, Lagardéresque, Canalpluseque faussement impertinent, pub, et marchand’armesque, et maintenant la météo, pub, la météo, pub, merdre que ce soit le Sarkosysme, le Ségoroyalisme voir le Fabuisime ou le Bayrouisme qui l’emporte dans tous les cas, aucun doute ce sera bien le REALISME qui gagnera !
Le réalisme dont on nous rebat quotidiennement les oreilles aujourd’hui, et vous le savez bien : c’est l’économie qui gouverne, le marché est la seule vérité...
Au milieu de cette foire d’empoigne néo-socialo-libérale, notre seul petit espoir est qu’il y en ait au moins un qui réussisse toutefois à placer sa petite note discordante et qu’avec pédagogie il nous rappelle la théorie de l’élastique : jusqu’où peut-on lui tirer dessus avant qu’il ne pète ? L’élastique c’est la planète, l’enjeux : notre survie.
Mais bon, cela dit, s’il y en a un ou une au second tour, on est pas maso, on vote socialo, ça sera tout de même moins pénible d’attendre la glaciation (ben oui, c’est pas simple le réchauffement de la planète ça risque d’être une glaciation en Europe…), avec des festivals, les merguez de la fête de la musique, les RTT, un peu de sécurité sociale, des subs pour nos assos de quartiers et puis on a pas envie de bosser plus et la flexibilité bof…
10 mai 2006
Exhausteur d'audience
Vous êtes de plus en plus nombreux à venir lire régulièrement notre blog, entre 4 et 6 lecteurs quotidiens. C’est énorme ! Nous sommes les premiers étonnés de ce succès fulgurant. Ce qui ne devait être qu’un jeu s’est transformé en véritable succès public...Chaque moi c'est environ 1,25 lecteurs supplémentaires qui nous rejoignent pour participer à des débats citoyens de grandes qualités. Cela nous a fortement encouragé pour continuer à satisfaire votre soif de connaissances et votre demande, légitime, de divertissements.
Un grand merci à vous lecteurs fidèles ! – ta mère en slip -
Le blog de Raoul et Paul aborde maintenant une phase délicate – Audrey Tatou toute nue -, un virage dangereux mais vital ! Car vivre c’est aller de l’avant , avancer – Sarkozy sado maso - progresser, faire des progrès ! Nous souhaitons donc doubler notre audience –sexe, bite, couilles - d’ici juillet (2007), pour cela, bien sûr, c’est d’abord sur vous, chers lecteurs, que nous comptons : vous avez toujours été et vous serez toujours nos meilleurs ambassadeurs. De notre côté nous ferons tout notre possible pour inventer – encore toute nue - des rubriques audacieuses à la fois proches de votre quotidien et ouvrant des portes sur le rêve - à poil à poil à poil !-
Un grand merci à vous lecteurs fidèles ! – ta mère en slip -
Le blog de Raoul et Paul aborde maintenant une phase délicate – Audrey Tatou toute nue -, un virage dangereux mais vital ! Car vivre c’est aller de l’avant , avancer – Sarkozy sado maso - progresser, faire des progrès ! Nous souhaitons donc doubler notre audience –sexe, bite, couilles - d’ici juillet (2007), pour cela, bien sûr, c’est d’abord sur vous, chers lecteurs, que nous comptons : vous avez toujours été et vous serez toujours nos meilleurs ambassadeurs. De notre côté nous ferons tout notre possible pour inventer – encore toute nue - des rubriques audacieuses à la fois proches de votre quotidien et ouvrant des portes sur le rêve - à poil à poil à poil !-
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