30 octobre 2007

La phrase du jour

Il faut juste arriver jusqu'à l'apéro, après c'est tout de la descente…
Le Bel Hubert

03 octobre 2007

Du théâtre, du vrai !


Avec un texte (enfin...), des acteurs costmés (sobrement), du rire et des larmes.
Bon là, c'est surtout des images de répétition, mais bon, bravo à la CVD quand même.

12 septembre 2007

Le coin des livres

Il nous arrive souvent lors de nos apéritifs culturels avec Jacques de citer l’excellent ouvrage de Pierre Bayard paru aux éditions de Minuit  Comment parler de livres que l’on a pas lus ? ouvrage indispensable pour les mondains que nous sommes mais que nous n’avons malheureusement pas lu tout comme nous n’avons pas lu S’ennuyer quel bonheur de Patrick Lemoine aux éditions Armand Collin et qui doit aussi être très très bien. Comme nous ce psychiatre talentueux pense que ça ne sert à rien, par exemple, de se faire chier à emmener les gosses aux judo puis à l’éveil artistique le mercredi alors qu’ils préfèrent largement glander dans leur chambre.
Alors pourquoi tant d’idiots hyperactifs ?
Patrick nous éclaire (il le dit dans Libé) «au fond je crois que tout repose sur l’interdit de la masturbation. Ne pas s’ennuyer, c’est ne pas se tripoter. Vous noterez que dans notre vocabulaire s’ennuyer rime avec glander ! Et surtout quand on s’ennuie, on vous interpelle - Qu’est-ce que tu branles ? - sans parler de tous les mots scatologiques qui décrivent l’ennui : s’emmerder, se faire chier… ».
Voilà comment, sans le savoir, on a peur de se toucher la zigounette et on se retrouve PDG ou Président.

24 mai 2007

C'est navrant !

C'est assez navrant il faut bien l'avouer. Laisser un blog comme ça, sans une ligne, pendant plus de six mois... Bon ben, pour ceux qui aimaient bien nous lire, désolé, toutes nos excuses... Mais voilà, c'est la faute à Jacques. Un jour il a dit que notre article sur Arlette était pas mal écrit et il n'en a fallu pas plus pour nous bloquer complètement. Cons comme nous sommes nous nous étions dit que nous ferions encore mieux et voilà le résultat ! A un de ces nombreux apéros où l'on fait le point sur la situation du monde Virgile nous a raconté, et nous y avons entrevu un rapport avec notre histoire, qu'à son plus bel âge : 19 ans, et au meilleur de sa forme : 78 kilos, bronzé et relativement musclé; une très belle fille, une parisienne, dont il était amoureux sans jamais lui avouer et qu'il avait néanmoins accueillie dans son antre cantalouse avec une copine australienne qui avait l'air de connaître la vie, la vraie, la nocturne (elle lui demandait tu te couche tôt toi ? Lui répondait non pas vraiment onze heures minuit et elle répondait ça c'est très tôt, pour moi tôt c'est trois heures du mat...). Bref cette jeune fille, pas l'australienne, la parisienne dont il était amoureux, le voyant un jour torse nu lui a dit : « Bah... tu as un petit ventre ! Je crois que je ne pourrais jamais tomber amoureux d'un mec qui a un petit ventre ». Résultat il a pris 10 kilos qu'il n'a jamais perdu depuis. Vous suivez ?
Il faut le dire aussi le duel Sarko/Ségo annoncé avec le résultat depuis si longtemps nous a fort miné et d'autant plus le résultat final qui a eu pour conséquence – définitive ? - de nous ôter toute croyance en la démocratie et de la remplacer par une certitude : le masochisme (on voulait aussi écrire la bêtise mais bon une once de politiquement correct nous a retenu) de nos concitoyens (et là encore il a fallu lutter de toutes nos forces contre une néfaste amertume qui aurait pu nous laisser écrire CONcitoyens). Donc Sarko est élu et quelques jours après n'ayant pas encore radicalement changé nos habitudes nous buvions quelques mousses dans un de nos rades d'errance et là, bercé par la musique arabe, nous avions l'impression d'être rentré en résistance et qu'à tous moments les flics pouvaient débarquer, voir si nous étions en règle, voir si on allait bien pouvoir se lever pour aller bossser. Et là aussi on est en pleine résistance : figurerez-vous que cet article on l'écrit pendant le travail. C'est chouette hein ! Faire semblant de bosser en Sarkozie !
Mort au travail !

20 novembre 2006

Arlette, un dimanche


C’est poussé par une saine curiosité, une « recherche » sur les phénomènes religieux, que nous nous sommes retrouvés à une fête de Lutte Ouvrière un dimanche dans une petite ville de Bourgogne.
L’accueil était assuré par les Les Galoupios d'la galipette groupe de musique traditionalcoolomorvandelle dont les efforts pour chauffer la salle restait vains, et pour cause, le public n’était là que pour elle et pour la communion finale. Carrelé et éclairé aux néons à la manière de toutes les salles polyvalentes de France, dont on suppose que les architectes qui les conçoivent haïssent profondément l’idée même de fête, l’espace se remplit petit à petit d’une foule militante et patiente en pull jacquard. Quelques drapeaux rouges hissés sur des bambous attachés entre eux avec des ficelles constituent l’unique décor de la scène où trônent le micro et le pupitre. La déléguée régionale, les yeux brillants, nous annonce l’arrivée de « notre camarade Arlette Laguiller », applaudissements. « Travailleurs, travailleuses… ». Arlette lit son allocution. Fière comme un coq, la déléguée régionale lui tourne les pages. Arlette est une professionnelle, le discours est millimétré, les pauses nécessaires à l’absorption d’une eau minérale de marque inconnue car le bandeau a été ôté ont été savamment placées à la fin d’une envolée lyrique appelant incontestablement l’applaudissement. Tandis qu’Arlette boit telle une rock star de l’eurovision la délégué régionale, la larme à l’œil, ne perd pas une miette de son quart d’heure de gloire.
C’est lors de ce premier moment fusionnel que Jacques, Gudul et Virgil qui nous accompagnent, commencent à regretter de s’être placés au premier rang plutôt réservé aux aficionados… Allons-nous être repérés ? Les militants vont-ils nous taper ?
Arlette déroule avec talent un discours ponctué de références à l’actualité, d’un peu d’humour désabusé «bien sûr nous préférons Guignol à Gendarme.. » et de grands classiques Laguilletistes.
Voilà maintenant la fin du discours. La déléguée régionale, comme si elle venait d’y penser, nous propose d’entonner l’International. Tels des footballeurs perdus au milieu de la Marseillaise, nous optons pour un entre-deux insatisfaisant : nous nous levons mais sans chanter ni lever le poing droit… ce qui, même mollement, constitue la norme, le code. Notre malaise est à son comble. La délégué régionale nous regarde sans compassion. Puis la chanson arrive à sa fin, la messe est dite, ouf… Vite au bar !
Là, parlant entre nous de la cérémonie, Virgil se lance dans une analyse dont il a le secret « pas grand chose à dire sur le constat, oui on se fait bien entuber par les gros capitalistes depuis des décennies, mais ce qui est désespérant dans le discours d’Arlette, c’est qu’il y a comme une impuissance intrinsèque à voir au delà, à avoir un début de projet de société, à dépasser le travail et sa misère et voir en l’homme, quand bien même il serait mieux payé et enfin respecté, autre chose qu’un travailleur-producteur de biens et de services… pas un mot sur la culture, rien sur l’environnement… ». Des militants qui ont tout entendu lancent provocateurs « et bien vas lui dire, elle est là ! » Effectivement Arlette passait par là. Virgil qui aime bien faire le malin ne se démonte pas et aborde aussi sec Arlette « Euh…bonjour… c’est la première fois que je viens à un meeting politique et …euh…c’était intéressant mais euh… vous n’ayez pas dit un mot ni sur la culture ni sur l’environnement… alors que euh…». Arlette écoute gentiment et lui dit qu’elle n’avait pas le temps ici mais que tout cela est développé dans le journal du parti. Une militante qui ne voit pas d’un bon œil que l’on ose comme cela contredire la déesse et leur voler quelques minutes de sa présence TGV commence à grogner dans son coin et menace de mordre…
Bon, ben d’accord on ira voir dans le canard de LO. « Au revoir Arlette et bon courage pour la campagne ! »Dehors c’est dimanche. Tout semble lent et vain. La révolution chuchote.

PS : merci à Franck, Galoupio d'la galipette, pour la photo.

11 novembre 2006

Schiller, tu l'as lu dans quelle traduction ?

C’était « soir de première » dans notre bon Centre Dramatique National, fer de lance de la démocratisation culturelle. Les comédiens avaient reçu leur rose et des amis et d’autres comédiens leurs avaient envoyé des fax pour leur dire « un gros merde ». Après la représentation, des professeurs de français qui n’avaient pas dîné, quelques étudiantes, des conseillers artistiques, le personnel du théâtre et des comédiens se pâmaient autour du saucisson, un verre de blanc en main puis allaient à tour de rôle congratuler le metteur en scène et les comédiens. Il arrive dans ce type de rituel, lorsque l’alchimie de la convivialité ne prend pas, que les conversations, comme animées par un chef d’orchestre invisible et taquin se taisent les unes après les autres pour transformer le brouhaha en un silence plombant… Il convient alors aux personnes civilisées de relancer la conversation en posant à son voisin une question anodine et suffisamment ouverte pour lui permettre de rebondir facilement. C’est ce qui se produisit : notre voisin, un comédien, un conseiller artistique ou peut-être un directeur de théâtre lança à son voisin, un directeur de théâtre, un conseiller artistique ou peut-être un comédien « Schiller, tu l’as lu dans quelle traduction ? ». Nous ne pûmes retenir un rire qui à cause du vin public faillit être tonitruant. Notre civilité revenue nous mesurâmes l’ampleur de notre étonnement. Raoul s’essaya alors à un questionnement anthropo-métaphysique se demandant si le monde était divisé entre ceux qui pour relancer une conversation disait « beau temps pour la saison, tu fais quoi ce week-end ? » et les autres qui lançaient « « Schiller, tu l’as lu dans quelle traduction ? »… voulant nous impliquer dans sa démarche philosophique tout à fait louable dans un tel lieu de pensée et constatant que nous n’y arrivions pas il réamorça avec une approche sociologique et plus pragmatique «… souvenez-vous au lycée, les premiers de la classe, ce sont eux qui aujourd’hui pour relancer une conversation disent : Schiller, tu l’as lu dans quelle traduction ? » … Pas du tout convaincu par la démonstration de Raoul Jacques dit « Ben non, moi j’étais premier de la classe au lycée… ». Alors on se resservit un verre de vin public et on se demanda bien ce qu’on allait pouvoir faire ce week-end avec le temps pourri qui s’annonçait.

02 novembre 2006

Yann et Arthus sont dans un hélico.

Pour faire ses photos dignes du calendrier des postes et sensées nous sensibiliser à la protection de la nature, Yann-Arthus Bertrand passe son temps dans un hélicoptère. A part les avions de Dassault on fait pas pire question pollution. Bien sûr, des écolos malicieux lui ont fait remarquer. Le gaillard ne s’est pas démonté et a affirmé qu’il replantait systématiquement le nombre d’arbres nécessaire à l’absorption de ses gaz...
Al Gore doit faire pareil car pour promouvoir son thriller sur le réchauffement climatique il passe son temps dans les avions. Dans notre bonne vieil bourgade, comble de l’ironie, impossible de voir Une vérité qui dérange ailleurs qu’à l’extrême pointe Nord de la zone commerciale, au cinochrama tant apprécié pour son parking et ses pop corn géants. Ne voulant pas mourir grillés idiots on a pris la bagnole pour aller au maxicinoche puis au retour on est passé à Jardiland acheter un petit thuya qu’on plantera pour absorber les gaz de ce voyage déprimant.
Les pavillons sont entourés de thuyas pour absorber les conneries qui se racontent sur TF1.

23 octobre 2006

Une belle phrase (2)

Quand on a un marteau dans la tête on voit tous les problèmes en forme de clou. Le problème de l'occident c'est l'économie.

Serge Latouche

17 octobre 2006

Les journées (1)

Aujourd'hui, on refuse la misère.

25 septembre 2006

Le sondage du jour

"62 % des français préfèrent la réforme à la rupture..."
Entendu ce matin à la radio.
On y voit plus clair, non ?

17 septembre 2006

Robert, la culture c'est pas son truc

« L’Opéra, l’opéra… je comprends que les jeunes n’y aillent pas, moi même il m’arrive souvent de m’y endormir. Et le théâtre… ah ! le théâtre… Le Cid, on l’ a vu en sixième, en cinquième, en quatrième, en troisième… alors bon ça va ».
Prononcées dans notre PMU préféré, nous n’aurions évidemment même pas relevées ces banalités éculées. Ce qui, à nos oreilles les rendent désespérantes c’est qu’elles ont étés tenues dans un cadre tout à fait officiel mais néanmoins désopilant : une conférence de presse au conseil régional où il était question, vaguement, de « politique » de la jeunesse et que Robert est président dudit conseil régional… Bien que rodés aux discours les plus creux la performance publique de Robert nous épata ! Nous aurions aimé nous moquer d’un élu UMP mal dégrossi malheureusement pour notre psychogéographie politique tendance bipolaire Robert, sans être éléphantesque est encarté au PS et là, notre désespoir grandit…

11 septembre 2006

"La formule pour renverser le monde,

nous ne l'avons pas cherchée dans les livres,mais en errant.C'était une dérive à grandes journées, où rien ne ressemblait à la veille ; et qui ne s'arrêtait jamais."
Guy Debord

05 juillet 2006

La politique à la louche (2). A la louche et aux pieds !

Si par malheur l’équipe de France remportait une victoire ce soir et si, encore pire, elle venait à gagner la coupe du monde samedi prochain, c’est sûr cela donnera des ailes à Jacques Chirac pour se représenter à la présidentielle… Pensez-y bien avant d'aller klaxonner comme des cinglés dans les rues…

26 juin 2006

Chronique éthylique (2) - Feu fête de la merguez


Siroptant une sangria entre collègues, nous bavassions comme il se doit sur les absents – l’acariâtreté du comptable, le machisme du petit chef, les hystéries de la secrétaire, etc – lorsque la sonnerie du téléphone de Raoul nous interrompit. C’était Jacques qui se demandait si nous avions l’intention de nous rendre à la fête de la musique. Bien sûr que nous en avions l’intention ! Comment envisager un seul instant de rater cette belle fête populaire, fleuron du socialisme des années 80 ? Ah ! La première fête de la musique à Clermont-Ferrand…
Nous voilà donc attablés à l’un de ces terrasses stratégiques qui permet de rayonner vers les places fortes de l’événement tout en pouvant se désaltérer entre chaque étape indispensable, citons entre-autre : les transes Gothiques rue Pouillou, le torrent de pisse rue Mayotte, la ferveur oecuménique de la chorale sur le proche de l’église Saint Médard et facultativement car l’exercice demande une humeur excellente le meilleur groupe de coiffeurs du canton « Nocturne » rue de l’UMP . Les décibels s’entrechoquaient, les farceurs gloups gloups se jetaient du Pont Branlant, les étudiantes de lettres couraient pieds nus, Gérard avait mis sa jupe indienne, tout semblait normal si ce n’était cette absence indéfinissable et cette rumeur qui enflait « Il paraît qu’à une heure pile tout s’arrête et ils vont tout nettoyer » … C’est plongé dans une grande conversation sur les vertus cathartiques de cette fête que nous nous fîmes, sans y prendre garde, déloger manu-militari par le serveur qui semblait bel et bien avoir reçu des plus hautes autorités des consignes très stricts… Laissant nos voisins à leur palabre désespéré et peu courtois « tu parles pas à ma femme comme ça ! », nous nous retrouvons, trio bancal et désemparé, à errer dans les rues de notre bonne vieille ville à la recherche d’un ultime groupe de Hardcor et surtout d’une toute dernière bière, histoire de ne pas se quitter comme ça… Mais rien… rien, pas même une petite échoppe clandestine, pas même ouvert chez Rush, interdit de vendre de l’alcool après 22h…Tout naturellement nos pas nous guidèrent alors vers le quartier Maroul là où, les belles années, les filles les plus enflammées dansent autour de la fontaine, quand elles ne s’y baignent pas, offrant aux âmes esseulées de belles images pour les songes d’hiver. Notre sang ne fit qu’un tour quand nous vîmes le bourgmestre en personne qui, perché sur la fontaine, tentait de convaincre une foule hagarde « allez, maintenant c’est finit, il faut rentrer chez vous, vous vous êtes bien amusé, maintenant il y a des gens qui veulent dormir, il y a des gens qui travaillent, soyez raisonnables on vous a prévu un très beau feu d’artifice pour le 14 juillet… » Un cauchemar… Plus loin, tentant vainement de comprendre ce qui se passait dans notre république laïque et démocratique, entre deux hypothèses, Raoul s’époumonât « Mais c’est ça qui manquait, y’avait même pas un seul marchand de merguez, putain, tout fout’l camp… » Heureusement, miracle, à quelques rues de là, un bistrot, comme hors du temps, continuait de servir en terrasse… « heu… 9 bières s’il vous plait »

19 juin 2006

Une belle phrase

"Il est inconcevable, parce qu'absolument contradictoire, qu'une société s'autoqualifie démocratique sans élever la capacité critique au rang des qualités publiques"

Jean-Marie Hordé, La Mort de l'âme, éditions les solitaires intempestifs.

23 mai 2006

La politique à la louche (1)

La une de Libération du lundi 22 mai est fort alléchante : un dessin de Willem représente Sarko et Ségo se jetant du haut d’une falaise avec ce titre « 2007 c’est pas gagné » et l’article confirme ce que tout le monde sait, depuis que les sondages sondent ils se plantent et jamais aucun sondeur n’a su donner le nom d’un futur président… mais le journaliste qui veut quand même y croire - les sondages c’est sa matière première, son gagne-pain en quelque sorte - pousse l’analyse un peu plus loin et nous laisse entendre que les temps auraient changés, qu’en cette période complexe de profonde mutation, les sondages seraient plus justes…
Alors ça sera quand même peut-être Ségo ou Sarko ... Voilà le dossier de Libé.
A vrai dire on s’en fout.
Si nous sommes ce que nous sommes, et nous risquons fort d’être ce que nous sommes : des pleutres avachies aux cerveaux lessivés par des décennies de télé de merde Tapiesque , Berlusconniène, pub, Lagardéresque, Canalpluseque faussement impertinent, pub, et marchand’armesque, et maintenant la météo, pub, la météo, pub, merdre que ce soit le Sarkosysme, le Ségoroyalisme voir le Fabuisime ou le Bayrouisme qui l’emporte dans tous les cas, aucun doute ce sera bien le REALISME qui gagnera !
Le réalisme dont on nous rebat quotidiennement les oreilles aujourd’hui, et vous le savez bien : c’est l’économie qui gouverne, le marché est la seule vérité...
Au milieu de cette foire d’empoigne néo-socialo-libérale, notre seul petit espoir est qu’il y en ait au moins un qui réussisse toutefois à placer sa petite note discordante et qu’avec pédagogie il nous rappelle la théorie de l’élastique : jusqu’où peut-on lui tirer dessus avant qu’il ne pète ? L’élastique c’est la planète, l’enjeux : notre survie.
Mais bon, cela dit, s’il y en a un ou une au second tour, on est pas maso, on vote socialo, ça sera tout de même moins pénible d’attendre la glaciation (ben oui, c’est pas simple le réchauffement de la planète ça risque d’être une glaciation en Europe…), avec des festivals, les merguez de la fête de la musique, les RTT, un peu de sécurité sociale, des subs pour nos assos de quartiers et puis on a pas envie de bosser plus et la flexibilité bof…

10 mai 2006

Exhausteur d'audience

Vous êtes de plus en plus nombreux à venir lire régulièrement notre blog, entre 4 et 6 lecteurs quotidiens. C’est énorme ! Nous sommes les premiers étonnés de ce succès fulgurant. Ce qui ne devait être qu’un jeu s’est transformé en véritable succès public...Chaque moi c'est environ 1,25 lecteurs supplémentaires qui nous rejoignent pour participer à des débats citoyens de grandes qualités. Cela nous a fortement encouragé pour continuer à satisfaire votre soif de connaissances et votre demande, légitime, de divertissements.
Un grand merci à vous lecteurs fidèles ! – ta mère en slip -
Le blog de Raoul et Paul aborde maintenant une phase délicate Audrey Tatou toute nue -, un virage dangereux mais vital ! Car vivre c’est aller de l’avant , avancer – Sarkozy sado maso - progresser, faire des progrès ! Nous souhaitons donc doubler notre audience –sexe, bite, couilles - d’ici juillet (2007), pour cela, bien sûr, c’est d’abord sur vous, chers lecteurs, que nous comptons : vous avez toujours été et vous serez toujours nos meilleurs ambassadeurs. De notre côté nous ferons tout notre possible pour inventer – encore toute nue - des rubriques audacieuses à la fois proches de votre quotidien et ouvrant des portes sur le rêve - à poil à poil à poil !-

04 mai 2006

Apéromonop' cohésion sociale


Passant l’autre jour dans l’une de ces sordides maison de quartier défraîchie que les mairies – même socialistes – rechignent à financer mais le font quand même pour se donner bonne conscience et où les « acteurs sociaux » traitent les gens comme naguère dans les colonies, voilà que nous tombons sur l’affiche d’immeubles en fête et en restons tout coi tant l’affaire nous sembla ridicule. Afin d’examiner l’objet plus tranquillement à la maison, nous demandons à l’hôtesse d’accueil s’il était possible de s’en procurer un exemplaire. Bien sûr que cela était possible et il a fallu se défendre pour ne pas avoir à en empporter une centaine ainsi que moult exemplaires de la version tract et celle, cartonnée, de l’invitation. Les organisateurs de l’événement, car il s’agit d’un événement, n’ont pas lésiné sur les outils de communication. Il faut dire qu’ils sont nombreux à avoir mis la main au portefeuille pour financer l’opération dont le but est, selon le comité de pilotage : de rendre le sourire à notre ville, d’aller à la rencontre de nos voisins, de partager un moment de convivialité et de … attention… de développer la solidarité de proximité ! Dans l’ordre d’apparition des logos les financeurs sont : le sénat, le ministère de l’emploi de la cohésion sociale et du logement, la caisse des dépôts, la FNAIM, Koné, la Lyonnaise des eaux Suez, Monoprix, EDF, Ecusson, Apéricube et France Télévision. Savoir que le ministère de l’emploi de la cohésion sociale et du logement travaillent main dans la main avec Apéricube nous a rassuré.
Il y en a un qui a été un peu plus malin que les autres c’est Monoprix. En plus de son logo, le directeur de la communication, sans doute armé d’un solide BTS force de vente, a réussi à faire ce qu’on appelle à Hollywood un placement. Dans les navets américains pétaradants à gros budgets, Tom Crouze ou Brade Pite portent des baskets Nike et les montrent ostensiblement, se torchent avec Pampers et le montrent ostensiblement, s’enculent avec Durex et le montrent ostensiblement, mangent des Pizzas Hut et les vomissent avant d’aller faire la guerre. Un placement c’est ça, faire apparaître à tout bout de champs des marques, de la pacotille rutilante pour donner envie au cinéphage d’aller acheter tout ce kremp’l. Il paraît, ils l’ont dit à la radio, que dans ces gros navets il peu y avoir jusqu’à mille placements. La pub c’est vulgaire et envahissant.
Donc l’affreux jojo de chez Monop a réussi un placement sur l’affiche d’immeuble en fête où l’on voit très clairement son enseigne. Tous les voisins avides de cohésion sociale et d’Apéricube semblent en sortir la banane au visage , tel Michel Houellebecq qui affirme « j’aime leur ligne de produit, je suis vraiment bien dans un Monoprix ». Si ce n’était le présence de personnes visiblement d’origine étrangère – garants d’une cohésion sociale réussie - la mièvrerie de l’affiche pourrait nous faire penser à une scène d’Amélie Poulain.
Le plus instructif se trouve au dos du tracts : on y apprend le B. A. BA de l’organisation d’un apéro sous forme de questions / réponses : où inviter ses voisins ? : dans votre cour, votre hall, votre appartement, votre jardin ou votre maison… ; agrémentés de judicieux conseils : .n’hésitez surtout pas à vous regrouper avec d’autres voisins pour organiser ensemble cette soirée ! Chacun pourra apporter quelque chose (quiche, cidre, gâteau…)
Il fallait y penser !
Un grand merci à toute l’équipe d’immeubles en fête et en particulier à Jean-Louis Borloo et Apéricube.

25 avril 2006

Le Plan B est arrivé : critiquons la critique

Le Plan B est arrivé !
Pas celui que nous avait promis les partisans du non lors du référendum sur la constitution européenne - même si bien entendu il s’agit d’un clin d’œil – mais le journal critique de médias et enquêtes sociales dont nous parlions dans un précédent article. Il va sans dire qu’en ces temps abrutissants de « campagne » présidentielle, déjà bien gratinés question intox, la critique des médias est pour le moins un exercice salubre.…Gageons donc que le Plan B va éclairer nos lanternes et nous aider à aiguiser notre sens critique. Particularité intéressante: les articles de ce bimestriel, issus d’un travail collectif ne sont pas signés. Voilà qui fait tache dans notre époque d’égos surdimensionnés !
Le Plan B mérite d’être connu, lu, acheté, partagé, c’est vraiment le genre d’initiative à soutenir.... MAIS...disons-le franchement l’ article faisant la une et intitulé « La question sociale ensevelie sous le bla-bla » nous a déçu, la réflexion sur la question coloniale suscitée par la fameuse loi sur le « rôle positif de la colonisation » semble y être assimilée a du bla-bla et parmi les blablateurs l’historien Pascal Blanchard est cité… voilà qui nous fait particulièrement mal ! Connaissant la qualité et la subtilité des travaux de Pascal Blanchard (voir notamment La fracture coloniale et Les zoos humains aux éditions La Découverte) on ne peut qu’être en désaccord avec un tel amalgame et se dire que le Plan B a manqué de discernement.
Nous pensons que la question coloniale est très importante, d’une actualité brûlante, et qu’elle doit-être traitée en profondeur. Nous avons la conviction que notre pays doit faire son examen de conscience et reconnaître officiellement ses crimes, qu’il faut « crever l’abcès ». Nous estimons que le racisme ambiant qu’alimentent des hommes politiques peu scrupuleux comme Sarkozy, De Villiers et Le Pen pour ne citer qu’eux (mais Jospin y était aussi allé de la sienne avec ses « excuses sociologiques », ne l’oublions pas) puise, entre autre, son origine dans cette période noire de l’histoire de France et qu’il faut en sortir. Ceci passe par le débat, ce n’est pas du blabla. Certes, comme le dit le Plan B, pendant ce temps là le gouvernement préparait la démolition du code du travail avec le CNE et le CPE, France Télécom supprimait 17000 postes malgré un bénéfice net de 5,7 milliards d’euros…Mais est-il impossible de traiter de ces questions ET celles liées au colonialisme ? Cet article lapidaire nous fait penser à la réaction de nos contemporains de l’époque quand, adolescents, traversant une période hyper-écolo on nous rétorquait sans cesse « vous voulez sauver les bébés phoques alors qu’il y a des enfants qui crèvent de faim ! » Etait-il vraiment impossible de défendre les bébés phoques ET de lutter contre la faim ?
Sans doute avons-nous mal compris l’article du Plan B.
Plan B pensez-vous que le colonialisme est un non-sujet ou pensez-vous qu’il a trop été traité durant cette période ??? Plan B, nous vous supplions : ne laissez pas en nous cette impression si désagréable !

10 avril 2006

Que se passe-t-il ailleurs quand nous sommes là ?


Que se passe-t-il ailleurs quand nous sommes là ?
Il y a peu de temps (5 ans, 10 ans… on ne sait plus vraiment) on nous faisait miroiter qu’ Internet abolirait les distances du vaste monde pour le transformer en un grand village planétaire dans lequel les infos circuleraient en temps réel…C’était nouveau ça, cette histoire de temps réel qui laissait supposer l’existence d’un temps irréel.
Le spectacle de Grand Magasin, Elargir la recherche aux départements limitrophes, nous prouvent, si besoin était, que cette question - que se passe-t-il ailleurs quand nous sommes là ? - à laquelle il convient de préciser que « là » est un théâtre, vaut d’autant plus son pesant de mystère jubilatoire que l’ailleurs dont il est question est tout proche : l’appartement voisin, le bout de la rue, le village d’à côté, au pire le département limitrophe.
Alors que se passe-t-il ailleurs quand nous sommes là ?
Pour y répondre les standardistes de Grand magasin ont missionné moult personnes qui appellent durant la représentation et nous disent ce qu’ils font et ce qui se passe ailleurs alors que nous sommes là. Leurs coups de fils viennent perturber la diffusion d’une vidéo dans laquelle se succèdent moult personnes qui nous expliquent pourquoi ils ne peuvent pas être parmi nous ce soir et divers « performances » des comédiens comme mémoriser une réplique prise au hasard dans un roman photo puis la réciter, compter dans l’ordre puis dans le désordre - en prenant soin de ne pas en oublier- vingt croix dessinées sur un tableau, jouer au ballon, etc.On se perd avec bonheur dans ce bric-à-brac, délicieux moment de poésie surréaliste et philosophique. Avec trois bouts de ficelle et beaucoup de talents, les artistes de grand magasin nous font le village planétaire en direct et démontrent que l’on peut encore être étonné au théâtre. Prenez votre surf naviguez vite sur http://www.grandmagasin.net/ pour connaître les prochaines représentations et n’hésitez pas à vous transporter jusqu’au département limitrophe pour les voir, c’est fabuleux !